Michael Erpelding : entre ombre et lumière, du cinéma à la poésie
Belgo-luxembourgeois, acteur bourlingueur, Michael Erpelding partage son temps entre Toulouse et la Belgique. Michael Erpelding, qui incarne un personnage vénéneux et cynique dans le nouveau film de John Woo préfère l’humour, l’amour et la poésie dans la vraie vie.
Il est arrivé sur ce projet hollywoodien grâce à une agence de casting à Paris, avec qui il avait déjà travaillé en 2015 pour le Sac de Billes de Christian Dugay. Il y interprétait Raymond le passeur (ça a son importance, parce que ça ne lui a pas passé). L’expérience s’étant révélée concluante, la même société l’a recontacté il y a deux ans pour passer des essais destinés au personnage de Serge dans le prochain film d’action de John Woo. Un rôle de "méchant", pour lequel il a immédiatement convaincu le réalisateur sino-américain. "J'incarne un dandy décadent, souriant et détaché, qui joue de sa dérision flegmatique. Alors que d'habitude, on me confie plutôt des rôles de personnages durs et froids." Froid, c'est le cas de le dire, puisqu'il a également joué dans le spin off de The Walking Dead avec Clémence Poésy, où il endosse, une fois encore, un rôle de passeur. Abonné aux rôles de perfides séducteurs, il lance un appel pour en sortir : "En France, les étiquettes collent fort. Or, dans la vie, je suis drôle et solaire, j'aimerais beaucoup passer à la comédie. Ma part sombre, je l’ai suffisamment exultée dans mes rôles."
Vocation précoce
Michael est tombé sur les planches quand il était tout petit. "Près d’Arlon où j’ai grandi, mon père était comédien dans une troupe de village. Il m’a pris sur scène avec lui dès que j’ai su marcher. Ma mère était la costumière de la troupe, mais le jour, elle travaillait dans une boucherie et lui, à l’usine. Ils avaient des journées longues, ils étaient courageux et ça m'a appris de bonnes valeurs. Ça m’a aussi permis de réaliser que vivre son métier comme une passion est une chance immense. Que devoir se lever très tôt pour aller sur le plateau, ce n’est pas très grave." Porté par le feu sacré, Michael s’est inscrit à ses premiers cours d’art dramatiques à 11 ans, avant d’enchaîner avec le Conservatoire de Jambes à 16 ans. Il a ensuite suivi la Classe libre du Cours Florent à Paris - un cursus intensif -, a réussi dans la foulée le premier tour du concours du Conservatoire national de Paris, mais impatient de fouler les planches, il a préféré partir en tournée théâtrale pendant deux ans. Depuis 2015, il enchaîne les projets, films pour le cinéma et la télé en passant par les incontournables séries de Netflix. Après un mois de tournage pour The Killer de John Woo (où Omar Sy tient le premier rôle), il clôturait la post-synchronisation de son personnage en trois langues - l’avantage de grandir sur un carrefour de frontières et de travailler avec les États-Unis - quand nous l’avons presque rencontré, puisque ce père de famille courait d’un train à l’autre pour joindre tous les bouts de sa vie sur les chapeaux de roues. Il reprendra cet automne le tournage de la saison 2 de Pax Massilia d'Olivier Marchal où il tient le rôle de Tobias, un homme de main… passeur et nettoyeur. Dans la foulée sortira Gibier, un film de genre d'Abel Ferry où il partage l'affiche avec Olivier Gourmet. Toujours en transit, il rêve de Belgique et d’Amérique. "Je fais un métier qui permet de travailler partout, où que l'on soit ancré. Mais pour rester en équilibre, j'ai besoin d'une connexion spirituelle. Je pratique le reiki et je répète des mantras d'abondance en sanskrit, quand je prépare mes rôles ou que j'ai besoin de me recentrer. Quand je me prépare pour un casting, j'aime me plonger en immersion totale dans le rôle. Ce qui vient alors à moi est magique, que j’obtienne le rôle ou pas. Parce qu’à la fin, dans ce métier, on dépend toujours du désir de l'autre", conclut ce vilain de fiction, gentil philosophe.
The Killer, sorti le 23 octobre 2024.